Tony Meola : « Tout le monde se souvient qu'on a joué le 4 juillet »

Bref aperçu
L'ancien gardien de l'équipe des États-Unis, Tony Meola, revient sur le match de Coupe du monde 1994 contre le Brésil, disputé le jour de l'Indépendance américaine. Un choc mémorable qui a marqué l'histoire du football aux États-Unis.
L'ancien gardien de but et capitaine de l'équipe des États-Unis, Tony Meola, se souvient avec émotion du huitième de finale de la Coupe du monde 1994 entre les États-Unis et le Brésil, disputé le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine. Dans un entretien accordé à la FIFA, il revient sur ce match emblématique qui a marqué un tournant pour le football aux États-Unis.
Un match historique dans un contexte unique
Le 4 juillet 1994, le Stanford Stadium de San Francisco a accueilli plus de 84 000 spectateurs pour assister à ce qui allait devenir l'un des matchs les plus mémorables de l'histoire du football américain. Les États-Unis, portés par un public acquis à leur cause, ont tenu tête à la légendaire Seleção brésilienne pendant 72 minutes avant que Bebeto ne marque le but de la victoire. Ce match a eu lieu dans un contexte particulier : le 4 juillet est le jour de l'Indépendance des États-Unis, célébrant la signature de la Déclaration d'indépendance en 1776. Aujourd'hui, à l'occasion du 250e anniversaire de cet événement, un match amical entre le Paraguay et la France se déroule à Philadelphie, là où l'histoire a commencé.
Le souvenir de Tony Meola
Un sentiment unique de jouer à domicile
Tony Meola, qui a participé à trois Coupes du monde, explique ce que cela représente de jouer un Mondial à la maison : « Dans l'histoire de notre sport, très peu de joueurs ont participé à une Coupe du monde, et encore moins à domicile. Vous faites partie d'une catégorie d'élite. L'atmosphère est différente, plus familière. Beaucoup de joueurs de l'équipe actuelle évoluent en Europe, mais ils connaissent suffisamment les États-Unis pour se sentir à l'aise. Jouer à la maison, c'est plus confortable. »
La pression et l'opportunité
Meola souligne également la pression particulière qui pèse sur l'équipe nationale : « Aux États-Unis, on parle souvent du fait que l'équipe adverse peut avoir autant de supporters que l'équipe locale. C'est une réalité due à la composition démographique du pays. C'est une opportunité, mais on ressent le poids des matchs sur ses épaules, non seulement pour gagner, mais aussi pour l'impact sur le sport lui-même, pour attirer de nouveaux fans. »
Une équipe soudée face à l'adversité
L'équipe américaine de 1994 était un groupe soudé, préparé pendant quatre ans. Contrairement à l'équipe actuelle, qui compte des joueurs évoluant dans les plus grands clubs du monde, les joueurs de l'époque devaient constamment prouver qu'ils pouvaient rivaliser au plus haut niveau. « Nous étions relativement nouveaux sur la scène internationale, même si le football avait une histoire aux États-Unis. On voyait le sport grandir chaque jour. Sans les réseaux sociaux, c'était difficile d'y échapper. Aujourd'hui, ce serait encore plus intense », se rappelle Meola.
La confiance avant le match
Malgré le statut de l'adversaire, Meola affirme que l'équipe était confiante : « Il y avait le Brésil, l'Allemagne, les Pays-Bas... L'identité de notre adversaire changeait en fonction des résultats des autres matchs. On regardait le match entre le Mexique et l'Italie à Washington, et on voyait notre futur adversaire se dessiner en temps réel. Impossible de se préparer avant la fin du match. »
Le respect de l'adversaire
Meola révèle que le Brésilien Romario, dans une interview récente, a déclaré que les États-Unis avaient été l'adversaire le plus difficile à affronter en 1994. « Ce n'est pas une consolation, mais c'est révélateur », commente Meola. Il ajoute que Carlos Alberto Parreira, alors entraîneur du Brésil et plus tard son entraîneur aux MetroStars, lui a confié : « Mon Dieu, vous nous avez donné du fil à retordre... nous ne savions pas comment vous contourner. »
Le déroulement du match et ses conséquences
Avant le match, les États-Unis devaient composer avec l'absence de John Harkes, suspendu après un carton jaune contre la Roumanie. Tab Ramos, le seul joueur capable de faire la différence par ses dribbles, a été victime d'une faute grave de Leonardo, qui a écopé d'un carton rouge. « C'était une situation effrayante. Nous étions en colère, mais ils étaient très forts. Autant ils ne parvenaient pas à nous percer, autant nous n'y arrivions pas non plus. Ils ont intensifié la pression dans les 25 dernières minutes », se souvient Meola.
La défaite, bien que douloureuse, a galvanisé le public américain. Les supporters, vêtus de rouge, blanc et bleu, ont rempli les stades et les bars, insufflant un nouvel optimisme pour l'avenir du football aux États-Unis. « Les gens se souviennent peut-être qu'on a joué contre la Colombie, mais ils ne se rappellent pas la date. En revanche, tout le monde sait qu'on a perdu contre le Brésil le 4 juillet. C'est une date très importante dans notre pays », insiste Meola.
Après le match : un moment de recueillement
Après la rencontre, l'ambiance était sombre. « On a dîné ensemble, et quand on perd comme ça, c'est pesant. On a tellement travaillé, et puis on se retrouve avec des gars avec qui on s'est battu, et on réalise que c'est fini. » C'est alors que l'acteur Robin Williams et sa femme sont entrés dans la salle et ont pris l'avion charter avec l'équipe. « Il ne faisait pas des blagues tout le temps... nous étions encore en colère et incertains de l'avenir », raconte Meola.
Un héritage qui perdure
Huit ans avant que l'Amérique du Nord n'obtienne l'organisation de la Coupe du monde 2026, un événement à Philadelphie avait déjà évoqué l'importance d'un match le 4 juillet pour le 250e anniversaire. « J'ai une écharpe de cet événement. C'est difficile de croire que huit ans ont passé, mais ils se préparaient déjà. Cela faisait partie de la mission des organisateurs. C'est un jour important, sans aucun doute », conclut Meola.
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