Tout savoir sur la RD Congo, adversaire de l'Angleterre

Bref aperçu
La RD Congo affronte l'Angleterre en 32es de finale de la Coupe du monde, 52 ans après des débuts cauchemardesques. Sous la houlette de Sébastien Desabre, les Léopards ont gagné en solidité défensive et en résilience, portés par des joueurs comme Chancel Mbemba et Yoane Wissa.
Cinquante-deux ans après des débuts en Coupe du monde qui ont laissé des traces, la République démocratique du Congo a obtenu sa rédemption en se qualifiant pour la première fois de son histoire pour les phases à élimination directe du tournoi. Opposée à l'Angleterre en 32es de finale, l'équipe dirigée par le sélectionneur français Sébastien Desabre espère poursuivre son parcours historique.
Un parcours semé d'embûches
En 1974, sous le nom de Zaïre, la RD Congo avait vécu une première expérience mondiale cauchemardesque : trois défaites en phase de groupes, dont un retentissant 9-0 contre la Yougoslavie. Le pays n'était plus retourné au Mondial depuis, jusqu'à aujourd'hui. Mais Sébastien Desabre, arrivé il y a près de quatre ans alors que l'équipe était en crise, a transformé la sélection. Il l'a menée à la quatrième place de la Coupe d'Afrique des Nations 2023 et a insufflé discipline et sens tactique. Un système à cinq défenseurs, testé juste avant le Mondial, a été conservé pour les deux premiers matches, dont un match nul contre le Portugal, avant de passer en 4-4-2 pour battre l'Ouzbékistan.
Les forces de la RD Congo
La solidité défensive est le pilier de la progression congolaise : 29 clean sheets en 57 matches sous Desabre. Depuis qu'il est aux commandes, la RD Congo n'a jamais perdu par plus d'un but d'écart lorsqu'elle pouvait compter sur ses joueurs évoluant en Europe. Les contre-attaques rapides exploitent la vitesse des attaquants Cédric Bakambu et Yoane Wissa, qui excellent à prendre la profondeur. La résilience mentale, souvent absente par le passé, a été forgée lors d'une campagne de qualification longue de trois matches de barrages.
Les faiblesses à surveiller
La RD Congo a rarement affronté des équipes du top 20 mondial ces dernières années, à l'exception du Sénégal et du Maroc, contre lesquels elle présente un bilan défavorable. De plus, la majorité des titulaires réguliers ont eu peu de temps de jeu en club lors de la saison 2025-2026, ce qui soulève des inquiétudes quant à leur condition physique et à leur niveau de jeu.
Joueurs clés à suivre
Chancel Mbemba, 31 ans, capitaine et joueur le plus capé de l'équipe, reste un élément central malgré un rôle périphérique en club en France. L'ancien joueur de Newcastle est en fin de contrat avec Lille cet été.
Noah Sadiki, né en Belgique, a apporté du dynamisme au milieu de terrain depuis sa première sélection en septembre 2024, même s'il a été étonnamment laissé de côté lors des deux premiers matches du Mondial. À 21 ans, le joueur de Sunderland, recruté pour 15 millions de livres, impressionne par son énergie, son athlétisme et sa capacité à porter le ballon.
Yoane Wissa a vu sa saison 2025-2026 perturbée après son transfert à Newcastle pour un montant pouvant atteindre 55 millions de livres. Une grave blessure au genou a retardé ses débuts, et il n'a effectué que huit titularisations toutes compétitions confondues. Pourtant, l'attaquant de 29 ans a été le meilleur buteur africain de la phase de groupes du Mondial avec trois réalisations. « Nous l'avons remis à son meilleur niveau », a déclaré le sélectionneur Desabre.
Cédric Bakambu, 35 ans, est le joueur le plus âgé de l'effectif mais reste l'un des plus efficaces. L'attaquant a marqué quatre fois lors des qualifications et est sur le point de devenir le meilleur buteur de l'histoire du pays.
Sébastien Desabre, l'homme de la renaissance
Français de 49 ans, Sébastien Desabre occupe son 11e poste d'entraîneur en Afrique. Il a qualifié la RD Congo pour deux Coupes d'Afrique des Nations consécutives, atteignant les demi-finales en 2023, ainsi que pour la Coupe du monde. Il avait déjà connu le succès avec l'Ouganda.
Le chemin vers les 32es
Les Léopards ont obtenu le premier point de leur histoire en Coupe du monde en tenant en échec le Portugal (1-1), avant de s'incliner 1-0 contre la Colombie. Ils devaient ensuite battre l'Ouzbékistan, ce qu'ils ont fait 3-1, pour se qualifier parmi les meilleurs troisièmes de groupe.
Un fait étonnant
Le superfan Michel Kuka Mboladinga, devenu viral lors de la CAN pour son patriotisme flamboyant, a été inclus dans la délégation officielle de la RD Congo pour le Mondial à la demande des joueurs. Depuis 2013, il porte des costumes colorés et imite en silence, pendant les matches entiers, la statue du leader révolutionnaire Patrice Lumumba, un bras levé.
Contexte historique
Le proverbe congolais « petit à petit, les bananes poussent » souligne les vertus de la patience et du progrès régulier. Mais pendant les 52 ans d'absence de la RD Congo en Coupe du monde – la quatrième plus longue période pour une nation – la patience s'est épuisée et les progrès ont stagné. Jusqu'à aujourd'hui. La détermination à changer le récit mondial du pays après 1974 était forte. Cette année-là, le Zaïre avait perdu tous ses matches, dont le fameux 9-0 contre la Yougoslavie. Il y eut aussi l'épisode où le latéral droit Mwepu Ilunga sortit du mur défensif pour dégager le ballon alors que le Brésil s'apprêtait à tirer un coup franc. Les observateurs perplexes ignoraient qu'il s'agissait d'un acte de protestation politique : les joueurs avaient appris que leurs primes ne seraient pas versées, et le président Mobutu les avait menacés d'exil s'ils perdaient par plus de trois buts contre le Brésil. En dégageant le ballon, Ilunga espérait perdre du temps et se faire expulser. Il n'a reçu qu'un carton jaune, et le Zaïre s'est incliné 3-0 ; ils ont été autorisés à rentrer, mais Mobutu a coupé leur financement. Depuis, les champions d'Afrique 1968 et 1974 ont été tenus à l'écart du football mondial par un mélange de conflits, de corruption, de mauvaise gouvernance et de manque d'infrastructures. Desabre a fait appel aux talents de la vaste diaspora congolaise – tous les joueurs du Mondial sauf six sont nés en Europe – et le pays récolte aujourd'hui les fruits de son patient travail.
Plus sur ces sujets

AS Roma relance Porto pour Rodrigo Mora
L'AS Roma a transmis une nouvelle offre officielle au FC Porto pour s'attacher les services de Rodrigo Mora. Un prêt avec salaire pris en charge et une option d'achat qui deviendrait obligatoire sous certaines conditions, sans clause de rachat pour Porto.

AS Monaco propose une résiliation de contrat à Paul Pogba
L'AS Monaco a proposé à Paul Pogba une résiliation mutuelle de son contrat avant le 1er septembre, afin qu'il puisse trouver un nouveau club cette année. La décision appartient au joueur, actuellement blessé, selon Nice Matin et Le Parisien.

Arne Slot préfère un poste en club plutôt qu'en sélection nationale
Arne Slot, l'entraîneur néerlandais, a déclaré qu'à ce stade de sa carrière, il préfère un poste en club, où il peut travailler quotidiennement avec ses joueurs, plutôt qu'un rôle de sélectionneur national. Il évoque un grand honneur de représenter son pays, mais estime que le moment n'était pas approprié.

Iliman Ndiaye refuse Al Hilal et reste en Premier League
L'attaquant d'Everton, Iliman Ndiaye, a décidé de ne pas rejoindre Al Hilal, malgré une offre lucrative. Il souhaite poursuivre sa carrière en Premier League, une décision qui souligne ses ambitions sportives.



