Comment la « sérénité » de Carlo Ancelotti a guidé le Brésil vers la gloire

Bref aperçu
Grâce à la gestion calme et patiente de Carlo Ancelotti sous pression, le Brésil a renversé le Japon (2-1) en 32es de finale de la Coupe du Monde.
De tous les entraîneurs du football mondial, y en a-t-il un qui comprenne mieux les matchs à enjeux que Carlo Ancelotti ? Au milieu de l'excitation entourant le choc des 32es de finale entre le Brésil et le Japon, le vétéran italien n'a visiblement pas oublié que le temps peut sembler long dans les rencontres à élimination directe.
L'immense expérience du technicien de 65 ans a été mise à l'épreuve lors de son premier match de phase finale de Coupe du Monde de la FIFA™. Menés 1-0 à la pause par des Japonais accrocheurs, les Brésiliens sont revenus des vestiaires métamorphosés pour inverser la tendance et valider leur billet pour les 8es de finale. Une victoire 2-1 acquise au courage et à la patience.
Un discours de mi-temps décisif
« Nous n'avons pas perdu patience. Les choses se passaient déjà bien en première période. En seconde, nous avons mis plus de centres dans la surface. Nous avons beaucoup d'options sur le terrain et sur le banc. Le Japon n'est pas un adversaire facile, ils sont bien organisés, très intenses », a expliqué Ancelotti après la rencontre.
« On fait des erreurs dans le football. Il est impossible de ne pas en faire, parce que personne n'est parfait. Mais nous savons comment continuer. C'est ce que l'équipe a très bien fait en seconde période. Personne n'a pensé que nous n'arriverions pas à marquer. L'aspect mental est important. Il est normal de souffrir. Ce n'est pas nouveau, surtout dans le football moderne. Souffrir est aussi normal que le soulagement. »
Forcé de procéder à un changement à la pause – Lucas Paqueta, touché, a cédé sa place à Endrick –, Ancelotti a vu son pari réussi. Le jeune attaquant a apporté une menace supplémentaire dans la surface nippone, protégée par un bloc de cinq défenseurs, comme l'a souligné Bruno Guimaraes.
« C'était très dense et nous n'avions pas d'espace pour jouer. Ils défendaient en 5-4-1, ce qui rendait la pénétration difficile. En seconde période, le coach nous a demandé d'être plus imposants et d'amener plus de joueurs dans la surface, et c'est de là qu'est venu le but. »
La force mentale avant tout
Si ce changement tactique a joué un rôle dans la remontée brésilienne, la principale différence entre les deux mi-temps ne tenait pas aux pieds des joueurs, mais à leur mental. « Il nous a dit d'être patients, parce que nous sommes une équipe qui cherche toujours à contrôler le jeu, à marquer », a confié l'ailier brésilien Rayan. « Nous savions que nous allions renverser le match et repartir victorieux. »
Ancelotti excelle à insuffler le calme à ses équipes en période de crise. Sa décision de maintenir Casemiro sur le terrain après un avertissement dès la 14e minute en est la preuve. Un entraîneur plus impatient aurait peut-être sorti le milieu défensif à la pause ou en début de seconde période, car le Japon se montrait dangereux en contre. Mais l'Italien est resté serein et a fait confiance à la star de Manchester United, qui a récompensé cette confiance en marquant de la tête l'égalisation à la 56e minute.
« En seconde période, Ancelotti a de nouveau appelé au calme. Entre autres, il a insisté pour que nous restions calmes, parce que nous pressions et jouions haut, donc les occasions viendraient. L'équipe mérite du crédit surtout pour notre mental. Nous avons continué à presser et à attaquer », a déclaré Casemiro.
Matheus Cunha a estimé que la Seleção avait joué avec plus d'urgence en seconde période, ouvrant la voie, selon lui, à la première remontée du Brésil dans un match à élimination directe de Coupe du Monde depuis sa victoire 2-1 contre l'Angleterre en 2002.
« Ce n'est jamais facile d'affronter des adversaires comme ça. On voyait à quel point ils jouent avec fierté. Je crois qu'après être sortis avec la mentalité de vouloir en finir, de vouloir imposer notre style – et grâce à Dieu, malgré la difficulté – tout a fonctionné à la fin. En première période, en y repensant, nous avons essayé de faire presque la même chose, mais notre sens de l'urgence a fait la différence en seconde », a confié l'attaquant à la FIFA.
Le paradoxe Ancelotti : urgence et patience
Cela semble paradoxal. Comment expliquer que le Brésil ait joué à la fois avec urgence et patience, et que ce soit précisément cela qui ait inversé la tendance ? Un contraste complet, comme si un sourcil était levé et l'autre froncé chez un homme qui a presque tout vu dans le football. Et ce contraste était également visible lorsque Gabriel Martinelli a inscrit le but vainqueur dans le temps additionnel : le banc brésilien exultait tandis qu'Ancelotti restait le calme incarné.
C'est le secret d'un entraîneur qui sait qu'il y a toujours assez de temps pour marquer un but décisif, et qui s'assure que ses joueurs ne l'oublient pas sur le terrain. « Ancelotti est un gars surréaliste », a déclaré le héros du match. « À la mi-temps, il nous a donné confiance, il nous a dit que nous allions marquer et revenir. Peu importait quand le but serait marqué. Nous avons ressenti son calme. Cela nous a détendus. »
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