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RD Congo - Angleterre : les clés tactiques du matchAvant le choc des huitièmes de finale, analyse du jeu de la RD Congo, adversaire surprise de l'Angleterre. Entre pressing haut et bloc défensif, les Léopards présentent des faiblesses que les Three Lions pourraient exploiter./images/fr/2026/07/rd-congo-angleterre-les-cles-tactiques-du-match-518461ea-800w.webpRD Congo - Angleterre : les clés tactiques du match

RD Congo - Angleterre : les clés tactiques du match

Mis à jour 6 min read
RD Congo - Angleterre : les clés tactiques du match

Bref aperçu

Avant le choc des huitièmes de finale, analyse du jeu de la RD Congo, adversaire surprise de l'Angleterre. Entre pressing haut et bloc défensif, les Léopards présentent des faiblesses que les Three Lions pourraient exploiter.

En phase à élimination directe d'un grand tournoi, le risque d'élimination est réel, quel que soit l'adversaire. L'élimination de l'Allemagne face au Paraguay – une équipe qui avait débuté la Coupe du Monde par une défaite 4-1 contre les États-Unis de Mauricio Pochettino – en est une parfaite illustration.

Les prochains adversaires de l'Angleterre, la République démocratique du Congo, ont terminé leur groupe à la troisième place, battant l'Ouzbékistan, faisant match nul contre le Portugal et perdant contre la Colombie. Mais comment jouent-ils et quels défis pourraient-ils poser aux hommes de Thomas Tuchel ?

La RD Congo affronte l'Angleterre mercredi (17h00 BST), en direct sur BBC One et iPlayer.

Un système en 5-3-2, entre bloc bas et pressing haut

Tout au long du tournoi, les Congolais ont évolué en 5-3-2, un système cohérent aussi bien avec qu sans ballon. Leur possession moyenne n'est que de 38,8 %, bien loin des 65,7 % de l'Angleterre – deuxième derrière l'Espagne (70,3 %). Cela suggère une équipe défensive et tenace, cherchant à exploiter les contres.

Pourtant, cette image est trompeuse : les Léopards défendent de manière étonnamment offensive. Contre le Portugal et la Colombie, deux équipes qui dominaient le ballon, ils ont pressé haut dès les sorties de but. Leur bloc défensif tient une ligne plus haute que ce à quoi on pourrait s'attendre pour une équipe avec 38 % de possession, refusant de s'entasser dans leur propre surface.

Ils ont également tendance à exercer une pression constante sur le porteur du ballon et ses coéquipiers proches. Ces choix, bien que plus proactifs qu'un simple repli défensif, présentent des failles que l'Angleterre pourrait exploiter.

Les faiblesses du pressing congolais

Sur les sorties de but, les deux attaquants et les trois milieux de terrain congolais prennent des positions avancées pour presser le gardien, les défenseurs centraux et le milieu défensif adverses. Les pistons sont chargés de presser les latéraux, laissant les trois défenseurs centraux seuls face à trois attaquants. Ce marquage individuel généralisé joue en faveur de l'Angleterre.

Si cette pression peut provoquer une erreur anglaise, Tuchel compte sur la qualité technique de son équipe, habituée à gérer les pressings élevés en Premier League. L'Angleterre pourrait tirer profit de l'utilisation de latéraux dans des zones plus profondes : en jouant bas, les pistons congolais doivent couvrir de plus grandes distances pour presser. Les latéraux, ainsi trouvés, disposent de plus de temps et d'espace, permettant à l'Angleterre de jouer sur les côtés via ce que Tuchel appelle les « unités larges » – latéral, milieu et ailier – en rotation pour déstabiliser la défense adverse.

Un autre point clé : Tuchel a construit son équipe pour attirer la pression avant d'« accélérer dans le tiers médian », selon l'adjoint Anthony Barry. L'idée est d'attirer l'attaque et le milieu adverses loin de la ligne défensive, créant ainsi plus d'espace et moins de défenseurs entre les attaquants et le but. Cela explique pourquoi des joueurs comme Elliot Anderson et Harry Kane lancent parfois des passes directes depuis l'arrière vers des coureurs puissants, et pourquoi l'Angleterre a été plus performante face au pressing croate que contre le Ghana, plus passif.

Que la RD Congo presse haut ou défende en bloc au milieu du terrain, elle a maintenu une pression constante contre la Colombie et le Portugal. Tuchel espère que l'adversaire persistera dans ce plan, permettant à Jude Bellingham, Marcus Rashford, Anthony Gordon et Noni Madueke de s'infiltrer dans les espaces.

Exploiter le déséquilibre numérique au milieu

Dans leur bloc défensif, le duo d'attaque congolais presse souvent les défenseurs centraux porteurs du ballon tout en coupant les passes vers le milieu défensif. Mais si l'adversaire construit avec plus de deux joueurs en première ligne, les attaquants sont en infériorité numérique. C'est alors au milieu central le plus proche de monter presser – une situation que l'Angleterre peut exploiter.

Nico O'Reilly ou un milieu comme Jude Bellingham ou Declan Rice pourrait fixer ce milieu central, ouvrant une passe non marquée vers l'aile. Un troisième défenseur central, dans le rôle tenu par Jarell Quansah lors du dernier match, pourrait déclencher le pressing du milieu large congolais avant que l'Angleterre ne combine pour déplacer le ballon dans l'espace libéré.

L'Angleterre a davantage cherché à passer par le centre contre le Panama ; il sera intéressant de voir si cette tendance se poursuit. Face au bloc bas résistant du Ghana en 4-5-1, Tuchel a été entendu demander à ses joueurs de jouer « court, court, court » puis « une longue transition », espérant que ses ailiers reçoivent le ballon démarqués. On devrait revoir cette tactique contre la RD Congo.

Avec seulement trois milieux de terrain, surcharger un côté du terrain et jouer des passes courtes pour attirer les Congolais près du ballon laisse un espace sur l'aile opposée. Une longue passe dans cet espace donnerait à un ailier anglais le temps de courir et de battre le piston.

Le manque de largeur au milieu congolais peut aussi être exploité par de simples passes horizontales d'un côté à l'autre. Il y a un risque naturel à jouer ainsi, mais l'Espagne a brillamment démantelé l'Arabie saoudite en phase de groupes en utilisant cette même idée. Un scénario plus sûr pour cibler cette faiblesse est celui des touches. Lors des touches dans le camp adverse, la RD Congo a souvent commis de nombreux joueurs autour de la zone de remise en jeu. Il a été facile pour les équipes de trouver un joueur démarqué sur la touche ; en raison du manque de largeur congolais, une passe en première intention vers le lanceur avant de chercher un changement de côté pourrait rapidement placer l'Angleterre en bonne position offensive.

Les atouts congolais : construction atypique et danger Wissa

Tout cela ne signifie pas que la RD Congo est dénuée de menaces. Sur les sorties de but, elle construit souvent court mais de manière non conventionnelle. Sa défense à trois s'étale largement, formant une défense à quatre lorsque le gardien participe. Les pistons prennent des positions excentrées et un milieu défensif se place devant. Les positions des deux autres milieux et des deux attaquants sont plus difficiles à lire : ils se regroupent là où les passes longues sont destinées plutôt que de rester dans des zones prédéfinies, ce qui leur permet de mieux contrôler les ballons libres.

Cette disposition très espacée rend les passes congolaises plus risquées, mais si le Portugal a réussi à presser pour déposséder les milieux congolais, ce style de construction rend le pressing adverse plus difficile en raison des grandes distances à couvrir. Il serait naïf d'ignorer leur joueur le plus dangereux : Yoane Wissa, dont la capacité à lire les situations offensives et à réagir rapidement dans la surface constitue une menace majeure pour n'importe quelle équipe.

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