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Première la CAN, maintenant le Mondial - le Sénégal en 'enfer footballistique'Le Sénégal a vécu une nouvelle désillusion cruelle en Coupe du monde, éliminé par la Belgique sur un penalty controversé dans les prolongations. Un scénario qui rappelle la finale de la CAN perdue dans des circonstances similaires, plongeant le pays dans une profonde frustration./images/fr/2026/07/premiere-la-can-maintenant-le-mondial-le-senegal-en-enfer-footballistique-89366018-800w.webpPremière la CAN, maintenant le Mondial - le Sénégal en 'enfer footballistique'

Première la CAN, maintenant le Mondial - le Sénégal en 'enfer footballistique'

Mis à jour 4 min read
Joueurs sénégalais déçus quittant la pelouse du CenturyLink Field à Seattle après leur défaite contre la Belgique en Coupe du monde.

Bref aperçu

Le Sénégal a vécu une nouvelle désillusion cruelle en Coupe du monde, éliminé par la Belgique sur un penalty controversé dans les prolongations. Un scénario qui rappelle la finale de la CAN perdue dans des circonstances similaires, plongeant le pays dans une profonde frustration.

Dans la ville rendue célèbre par les légendes du rock de Nirvana, le Sénégal a trouvé le moyen de passer d'un état de grâce à l'enfer footballistique à Seattle. Et la VAR est le diable qui ricane sur leur épaule.

Les parallèles entre l'élimination du Sénégal en Coupe du monde et la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) en janvier sont d'une similitude frappante. Dans les deux cas, les Lions de la Téranga ont été victimes d'un penalty controversé accordé après intervention de l'assistance vidéo. Cette fois, heureusement, personne n'a quitté le terrain, contrairement à la finale de la CAN où les joueurs sénégalais avaient brièvement regagné les vestiaires en signe de protestation.

Le sélectionneur Pape Thiaw doit se sentir de plus en plus proche de Sisyphe, ce personnage de la mythologie grecque condamné à pousser éternellement un rocher au sommet d'une colline, pour le voir redescendre juste au moment où il croit atteindre le but. « Nous avions le match en main », a déploré Thiaw après la rencontre, qualifiant l'issue de « cruelle ».

Un scénario cauchemardesque

Pendant la majeure partie du match, l'équipe de Thiaw a joué un football céleste, prenant une avance de 2-0 grâce aux buts des stars de Premier League Habib Diarra et Ismaila Sarr. L'attaquant de Crystal Palace, Sarr, a été étincelant tout au long de la campagne sénégalaise. Son but en seconde période, où il a contrôlé un long ballon de la poitrine avant de fusiller Thibaut Courtois, était d'une beauté rare. Ce but, candidat au titre de plus beau du tournoi, a permis à Sarr d'égaler le record africain de quatre buts en Coupe du monde détenu par Roger Milla depuis Italia 90.

Mais contrairement à Milla ou à El Hadji Diouf, héros du Sénégal en 2002, qui assistait au match depuis les tribunes, Sarr ne pourra pas briller en huitièmes ou quarts de finale. Malgré une saison exceptionnelle avec Palace (21 buts toutes compétitions confondues et victoire en Ligue Europa Conférence), Sarr, plus que quiconque, doit penser avoir offensé les dieux du sport.

Les souvenirs de la CAN ressurgissent

Lors de la finale de la CAN contre le Maroc, pays hôte, le score était de 0-0 dans le temps additionnel de la seconde période quand Sarr a cru marquer de la tête sur corner. Mais l'arbitre Jean-Jacques Ndala avait déjà sifflé une faute, annulant le but. Une décision très discutable qui a mis les Sénégalais en colère. Quelques minutes plus tard, alors qu'il ne restait presque plus de temps, Ndala a accordé un penalty au Maroc après avoir consulté le moniteur, jugeant que Brahim Diaz avait été retenu par El Hadji Malick Diouf. Le chaos qui a suivi au stade Prince Moulay Abdellah a entaché l'image du football africain. Des supporters ont envahi le terrain, des stadiers blessés ont été évacués, et les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse. Après une longue interruption, Sadio Mané a convaincu ses coéquipiers de revenir, et Diaz a raté son penalty, permettant au Sénégal de gagner 1-0 en prolongation. Mais deux mois plus tard, la Confédération africaine de football a retiré le titre au Sénégal, une décision actuellement contestée devant le Tribunal arbitral du sport.

Cette fois, il n'y avait pas de Mendy pour sauver les meubles. L'ancien gardien de Chelsea, blessé, a regardé impuissant depuis le bord du terrain son remplaçant Mory Diaw être battu par le penalty imparable de Tielemans. Diaw était également fautif sur l'égalisation belge, ayant manqué sa sortie sur un centre. Menant 2-0, le Sénégal a encaissé un premier but de Romelu Lukaku à la 86e minute, puis Tielemans a égalisé à la 89e. Le retournement de situation est le plus tardif de l'histoire de la Coupe du monde pour une équipe menée de deux buts.

Controverse et conséquences

Comme à Rabat, le penalty décisif a été contesté. L'arbitre hondurien Said Martinez a estimé, après consultation de la VAR, que Lamine Camara avait accroché le talon de Tielemans. Les joueurs sénégalais ont protesté, mais la FIFA a renforcé les règles pour éviter un nouveau débordement. « Notre interprétation est qu'il n'y avait pas penalty », a déclaré Thiaw. « Il faut accepter, même si c'est difficile. »

Tout le monde n'a pas réagi avec autant de calme. Le milieu Pape Gueye, auteur du but « vainqueur » en finale de la CAN, a annoncé faire une pause en sélection jusqu'au départ de Thiaw et de son staff. « Le milieu jouait bien, pourquoi l'a-t-il changé ? » s'est interrogé un supporter dakarois. Un autre a critiqué le remplacement d'Iliman Ndiaye. « Ce n'est pas facile de perdre ce genre de match », a conclu Thiaw. « Malheureusement, ça nous a échappé, mais c'est le football. »

De héros de la CAN à victime du Mondial en quelques mois, Thiaw sait mieux que personne combien le football peut être une maîtresse diaboliquement cruelle.

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