Aller au contenu
Fabio Celestini : « La Suisse n'a rien à perdre » face à l'ArgentineFabio Celestini, ancien international suisse, analyse les forces de la Nati avant son quart de finale de Coupe du monde contre l'Argentine. Il évoque le multiculturalisme comme atout majeur, la gestion de Lionel Messi et la maturité retrouvée de l'équipe./images/fr/2026/07/fabio-celestini-la-suisse-n-a-rien-a-perdre-face-a-l-argentine-6c65f2b9-800w.webpFabio Celestini : « La Suisse n'a rien à perdre » face à l'Argentine

Fabio Celestini : « La Suisse n'a rien à perdre » face à l'Argentine

Mis à jour 5 min read
Fabio Celestini en costume-cravate, micro à la main, devant un micro sur fond de logo de la Coupe du monde 2026 — latest news and analysis.

Bref aperçu

Fabio Celestini, ancien international suisse, analyse les forces de la Nati avant son quart de finale de Coupe du monde contre l'Argentine. Il évoque le multiculturalisme comme atout majeur, la gestion de Lionel Messi et la maturité retrouvée de l'équipe.

L'ancien international suisse Fabio Celestini, qui a porté le maillot de la Nati à 35 reprises et participé à l'Euro 2004, livre son analyse avant le choc des quarts de finale de la Coupe du monde 2026 entre la Suisse et l'Argentine. Pour lui, la sélection helvétique aborde cette rencontre avec un état d'esprit libéré : « La Suisse n'a rien à perdre. »

Le multiculturalisme, force principale de la Suisse

Celestini, aujourd'hui entraîneur reconnu après un passage remarqué au FC Bâle où il a transformé une période difficile en titre de champion, insiste sur l'identité unique de la Nati. « Notre plus grande force est le multiculturalisme. La Suisse est un pays où différentes langues et cultures coexistent naturellement, et pour les Suisses, c'est tout à fait normal. On le voit aussi dans d'autres équipes nationales aujourd'hui, mais nous en sommes imprégnés depuis les années 1990, depuis plus de trente ans. »

Selon lui, cette diversité se marie à la rigueur helvétique : « Nous combinons le meilleur de l'organisation et de la discipline suisses : l'attention aux détails, la précision, le respect et un fort sens de la structure. Mais il nous faut parfois un peu plus de courage, de créativité et d'imprévisibilité, qui viennent de milieux qui ne sont pas exclusivement suisses. Le mien est italien ; d'autres ont des origines espagnoles, albanaises ou autres. Pour moi, notre plus grand atout est ce mélange de cultures et la manière dont nous le faisons fonctionner. »

Une présence constante au plus haut niveau

Celestini rappelle le parcours remarquable de la Suisse, petite nation qui s'est imposée comme un habitué des grands tournois. « Depuis 1994, la Suisse n'a manqué que très peu de grandes compétitions, ce qui ne devrait jamais être considéré comme acquis. J'entends parfois des commentateurs en Italie ou en Espagne parler de la présence de la Suisse à ce niveau comme si c'était une routine, mais ce que cette équipe a construit mérite d'être pleinement apprécié. Ils sont toujours un adversaire redoutable car ils allient structure, discipline et la richesse de leur identité multiculturelle. »

Interrogé sur la perception d'une équipe parfois jugée trop réservée, l'ancien milieu de terrain répond : « L'équipe nationale compte énormément pour nous. Elle compte parce que la Suisse a tant donné à nos familles et à nos vies. Quand nous sommes en sélection, nous reconnaissons le privilège de participer à des tournois comme la Coupe du monde. C'était vrai quand je jouais, et je pense que c'est encore vrai aujourd'hui. Personne n'y va en pensant à un autre pays ; si nous portons le maillot suisse, c'est parce que nous nous sentons Suisses. »

Une équipe arrivée à maturité

Celestini dresse un bilan positif de la campagne suisse : « Ils font un travail incroyable, comme toujours. C'est une équipe solide qui semble avoir atteint un nouveau niveau de maturité. On voit une équipe déterminée à accomplir quelque chose de significatif. Quand ils traversent des moments difficiles, ils ne s'effondrent pas ; ils restent dans le match et se battent. Les victoires à ce niveau ne sont pas une question de chance, mais de trouver de petites marges sur l'adversaire. »

Il souligne la continuité du jeu suisse : « Il y a une idée reconnaissable derrière le football suisse depuis des années. Ils veulent construire depuis l'arrière et jouer plutôt que simplement réagir. Cette philosophie remonte à l'époque de Vladimir Petkovic, quand il a passé tant de temps à travailler au sein du camp suisse. L'équipe nationale a porté les mêmes principes, la même approche et le même ADN pendant longtemps. »

« La Suisse a une base si solide parce que son ADN footballistique ne dépend pas des individus, malgré l'importance de joueurs comme Akanji et Xhaka. Ils ont une identité clairement reconnaissable, façonnée par des principes qu'ils suivent depuis de nombreuses années. »

Comment battre l'Argentine et neutraliser Messi

Pour ce quart de finale, Celestini estime que la pression est du côté argentin : « Habituellement, quand l'Argentine est en face, le poids des attentes pèse plus lourdement sur eux que sur la Suisse. Les Suisses doivent être eux-mêmes, jouer avec courage et utiliser pleinement leurs forces. Le Cap-Vert et l'Égypte ont trouvé le moyen de marquer contre l'Argentine, donc la Suisse doit croire qu'elle le peut aussi. Bien sûr, ils doivent aussi trouver un moyen de gérer leur numéro 10, ce qui n'est jamais simple. »

Concernant Lionel Messi, l'ancien joueur prévient : « C'est un travail difficile. Dès que le ballon arrive à Messi, le problème a déjà commencé. Contre d'autres grands joueurs, on essaie de doubler et d'éviter le un-contre-un. Cependant, Messi est si difficile à cerner car il se déplace sur tout le terrain. Cela rend le piège beaucoup plus difficile à mettre en place. S'il contrôle le ballon dans le dernier tiers, il faut s'attendre à des dégâts. La plupart du temps, il produira quelque chose d'extraordinaire. »

Les entraîneurs en vedette : Scaloni et Yakin

Celestini, en tant qu'entraîneur, analyse ses homologues. Pour Lionel Scaloni : « Il a fait face à un énorme défi. Beaucoup en Argentine doutaient qu'il soit l'homme de la situation, mais les résultats parlent d'eux-mêmes. Il a réussi à convaincre le groupe et, surtout, Messi. Son style de communication est clair et honnête. Récemment, il a expliqué qu'il ne décide pas tout seul, mais qu'il discute avec Messi. Certains entraîneurs pourraient hésiter à le dire publiquement, mais je pense que cela montre de l'honnêteté. Les joueurs apprécient ce genre de clarté et d'ouverture. »

Quant à Murat Yakin : « Il a fait face à une situation tout aussi exigeante car Petkovic avait laissé un héritage solide. Il y avait des doutes à son arrivée, et certains problèmes devaient être résolus avec Xhaka et quelques joueurs d'expérience. Pourtant, Murat est une force tranquille : posé, mesuré, mais avec une vraie force de caractère. Au final, il a gagné la confiance du groupe, de Xhaka et des leaders du vestiaire, et cette unité est visible dans la façon dont la Suisse joue. »

Tout Matchs

Rechercher