Fernando Hierro : « Cette équipe d'Espagne a un vrai caractère »

Bref aperçu
L'ancien défenseur légendaire revient sur ses expériences en Coupe du Monde et livre son analyse de la sélection de Luis de la Fuente, championne d'Europe en titre et prétendante sérieuse pour le Mondial 2026.
Fernando Hierro a vécu la Coupe du Monde de la FIFA™ sous presque tous les angles. Quadruple participant avec l'Espagne, il a été l'une des figures marquantes de la sélection nationale dans les années 1990 avant de revenir au tournoi dans des rôles d'entraîneur et de directeur technique. Une grande partie de sa vie a tourné autour de l'Espagne et d'une compétition qu'il décrit comme « le summum » pour tout footballeur.
Dans un entretien accordé à la FIFA, l'ancien défenseur central de 58 ans – qui était tout aussi à l'aise au milieu de terrain – revient sur les souvenirs qu'il a créés en Coupe du Monde et réfléchit à l'évolution de l'Espagne, passée d'une génération talentueuse mais souvent décevante dans les phases finales à l'équipe de Luis de la Fuente, championne d'Europe et véritable prétendante au titre mondial cette année.
Les souvenirs de Coupe du Monde de Hierro
« Mon premier contact avec le tournoi a eu lieu en Italie en 1990, même si je n'ai pas joué. Mais, si je devais en choisir un, la Coupe du Monde 1994 aux États-Unis m'a laissé la plus forte impression. Pour moi, c'était une expérience extraordinaire », se souvient Hierro.
« Nous avons toujours senti que notre heure viendrait. Nous avions atteint les quarts de finale à plusieurs reprises et nous étions sur le point de réaliser quelque chose de spécial, mais nous n'arrivions pas à franchir le cap. Nous avons livré de très bonnes performances, pour finalement être éliminés aux tirs au but, et à d'autres moments, nous avions des occasions nettes mais nous n'avons pas su les concrétiser. Nous sentions que si l'Espagne pouvait atteindre une demi-finale, cette barrière psychologique disparaîtrait et le tournoi paraîtrait différent. Nous avions de grandes attentes car notre forme avant les compétitions était constamment solide et nous perdions rarement lors des campagnes de qualification. Mais au final, nous n'avons pas réussi à transformer cela en percée quand cela comptait le plus. »
L'Espagne de Luis de la Fuente : un groupe soudé et mature
Hierro porte un regard positif sur la sélection actuelle. « Ils ont l'air d'un groupe très soudé. De l'extérieur, il semble y avoir une excellente ambiance dans le camp. De la Fuente sait ce qui les fait fonctionner, puisqu'il a travaillé avec la plupart d'entre eux au niveau des jeunes, et cela se voit. C'est un groupe solide. Les gens parlent de leur jeunesse, mais sur le terrain, ils ne le montrent pas. Ils sont bien préparés, confiants et il y a un vrai sentiment de cohésion. C'est de bon augure pour leurs chances en Coupe du Monde. »
« J'aime leur caractère. Ils abordent chaque match de la même manière, quel que soit l'adversaire. Même en demi-finale ou finale de l'Euro, ils restent fidèles à leur style. C'est une équipe très complète. Ils savent quand garder le ballon, quand accélérer le rythme, quand jouer direct, quand attaquer les espaces et quand jouer avec un attaquant de pointe. Ils ne sont pas liés à une seule manière de jouer bien définie ; il y a beaucoup de flexibilité. Ils peuvent changer de forme, de système et modifier leur approche en cours de match, ce qui leur permet de jouer avec beaucoup de confiance. »
Les clés du succès selon Hierro
« Il faut rester calme et se rappeler que c'est un groupe de 26 joueurs. C'est un long tournoi. Quand on est ensemble pendant près de 40 jours, il est impossible de satisfaire tout le monde tout le temps. Mais l'esprit d'équipe est crucial. Le onze de départ qui commence la compétition n'est pas toujours celui qui la termine, donc les autres doivent être prêts à contribuer. Il faut être décisif dans les moments clés, en particulier dans les matchs serrés, et il faut de la conviction. De mon point de vue, cette équipe semble mature. Il y aura des moments difficiles, car ils affronteront les meilleures équipes du monde, mais l'essentiel est de rester calme et de rester fidèle à son style de jeu. »
Les jeunes talents : Nico, Lamine et Pedri
Interrogé sur les jeunes joueurs comme Nico Williams, Lamine Yamal et Pedri, Hierro est impressionné. « Si vous ne connaissiez pas leur âge, vous ne croiriez pas à quel point ils sont jeunes. Cela tient à leur compréhension du jeu et à la façon dont ils s'expriment sur le terrain. Ils jouent avec liberté, mais ils prennent aussi leurs responsabilités. Ils veulent donner le meilleur d'eux-mêmes et faire bouger les choses, mais ils cherchent aussi à prendre du plaisir, et cette créativité est importante. Tous les trois ont un caractère formidable. Nico et Lamine sont intrépides dans les duels un contre un, tandis que Pedri a ce sens du rythme – quand ralentir le jeu, quand accélérer et quand porter le ballon. Ils ont une maturité au-delà de leur âge, ce qui est rare. Ils jouent avec un niveau d'assurance que l'on associe normalement à des joueurs beaucoup plus expérimentés. »
Le rôle de la formation et de Luis de la Fuente
Hierro souligne le travail de la Fédération espagnole. « C'est un témoignage du travail accompli par la Fédération espagnole au fil des ans. Ces joueurs sont des produits du système de jeunes et il est évident qu'ils ont été façonnés par une philosophie commune, une identité claire et une compréhension partagée de la façon dont le jeu doit être joué. Luis de la Fuente est une figure calme, et il connaît ces joueurs depuis longtemps. Il connaît ce groupe – sans parler des rouages internes de la Fédération espagnole – sur le bout des doigts et a une compréhension exceptionnelle du pipeline de talents dans le football espagnol. Pour un observateur extérieur, il semble y avoir un lien fort au sein de l'équipe. Ils aiment être ensemble et ils ont l'air de s'amuser. Cela compte beaucoup pendant une Coupe du Monde quand on passe des semaines à vivre en proximité, surtout dans une édition élargie comme celle-ci. »
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